Il était une voie

Dans ce projet documentaire, il y une voie principale : le chantier avec ses ouvriers et leurs curieuses machines et puis il y aussi et surtout des chemins de traverses : les riverains et même les ouvriers du chantier dans leur quotidien, leur intimité.Dès les premières minutes, le commentaire en voix off distillera une atmosphère qui pourra être en phase, mais aussi en rupture, avec les personnages du documentaire, qu’ils soient riverains ou ouvriers du chantier. Sur la voie en construction mais aussi autour du chantier mobile, le déplacement des machines comme des personnages doit être permanent à l’image. Le chantier avance au rythme d’un kilomètre par jour. Les mains sont toujours occupées, les visages comme les engins sont filmés de très près. On entend souvent les ouvriers en voix off alors qu’ils s’affairent à leurs tâches respectives. Certains d’entre eux posent même pour l’objectif à chaque début ou à chaque fin de séquence qui leur est consacrée, comme les pionniers du rail au 19ème siècle. Ces visages marqués, burinés, constitueront ainsi, au fil du documentaire, une galerie de portraits qui symboliseront la mémoire du chantier de la LGV. Tous les paysages extérieurs comme les voie ferrées, le centre de contrôle TGV, les villages, les hameaux ou les champs sont filmés de jour comme de nuit. Ces paysages mettent en valeur la beauté visuelle de la future ligne LGV et permettent de relier les personnages entre eux, de les situer géographiquement . Enfin, il y a ce train TGV qui roulera à plus de 300 km/heure dans 1 an et que l’on ne verra jamais dans le documentaire sauf… en chantier dans les ateliers d’Alstom à Belfort. Cette motrice «matrice» est au coeur de toutes les attentions, de toutes  les pensées, mais restera invisible… Seul le son, impressionnant qu’elle produit à cette vitesse, apparaîtra dans les dernières secondes du documentaire.